Création pour le festival Aire de jeu 2014 des Subsistances de Lyon.


Lu dans la presse :

"Tels des chevaux endiablés partis à la dérive en un corps à corps sans toucher, les deux danseuses héroïques de Loom se font face et s’affrontent tout en finesse, déhanché, saut et en : se tordre, tourner, tomber, se relever, toujours, respirer encore et encore, jusqu’à
l’épuisement, jusqu’à ce que les corps soient vaincus par la puissance de la danse, par 
l’harmonie qui se dégage de la symétrie du duo." Anne O’Byrne, ResMusica 

"Là encore la musique de Nico Mulhy (...) se fait la compagne intermittente de la gestuelle, soulignant par ses notes abruptes les rythmes des corps ou, par ses harmonies, la remarquable constance des danseuses. Et ce, durant ses vingt minutes dont chaque seconde tient le public en haleine. loom apparaît comme une vraie réussite, à la fois jubilatoire, rythmée, énergique et précise.Élise Ternat, Les Trois Coups 


Le processus de création de loom a suivi un cheminement particulier. Yuval Pick a construit la danse comme une partition de mouvement possédant son propre rythme. Ensuite il a inséré la musique de Nico Muhly comme une loupe qui révélerait des détails et des espaces précis. La structure musicale agit comme un déclencheur de la recherche de la musicalité du mouvement.
Au cours du travail de création, la partition de Nico Muhly est tour à tour intégrée au processus, puis à certains moments délaissée. Émergent du silence, la musique se superpose à la chorégraphie pour créer un dialogue basé sur un principe de rebond.  

Yuval Pick a recherché un mouvement axé sur le centre du corps. Il a choisi comme point de départ les ondulations traversant le corps du danseur de l’extrémité d’un bras à l’autre, propres à l’electric boogaloo. Puis il en a effacé les ondulations des bras. Les actions périphériques sont écartées au profit de la recherche d’un moteur interne du mouvement ancré dans le torse et le bassin. La pièce se structure à partir de cette volonté de dévoilement et d’une dynamique qui s’apparente à la respiration humaine, alternant inspirations et expirations. C’est le rythme du mouvement qui structure la forme de la pièce et expose la musicalité du corps.  

Yuval Pick traite l’espace qui sépare les interprètes comme une donnée dynamique. Les corps, les présences et l’intention qui traverse le mouvement, contribuent à générer un espace élastique d’une matérialité presque palpable pour le spectateur. L’intervalle entre les interprètes est électrifié par le mouvement, avant d’être utilisée comme un appui qui permette de porter une torsion à l’ensemble de la scène.  

Comme souvent, la question des interprètes est fondamentale pour Yuval Pick. Julie Charbonnier et Madoka Kobayashi sont devenues les deux principales dépositaires féminines de sa philosophie du mouvement et accompagnent son parcours d’auteur chorégraphique. L’intensité de leur incarnation permet à Yuval Pick d’approfondir sa quête d’un geste artistique généreux et libre de toute concession.

Cette pièce peut être proposée en double programme avec la pièce eddies ainsi qu'avec la pièce PlayBach. Elle peut également être proposée en représentation dans les musées.