Un trio féminin. Une célébration du centre. Le Bassin de Diana est un film-performance. Ici, seule la partie performative subsiste : trois femmes, trois présences puissantes, unies par le mouvement du bassin. Comme un groove, le bassin comme origine. Dans toutes les danses traditionnelles africaines, le bassin est moteur. Il impulse le rythme, relie le ciel et la terre. La pièce s’inspire notamment de la danse Ikoku, issue de la tradition Punu du Gabon — danse de puissance, d’ancrage et de vibration profonde.
Ni noire ni blanche, sur scène ce sont des femmes métissées, qui portent un double héritage, pour mettre en lumière la couleur du milieu, qui s’ouvre comme une fenêtre sur le monde. Une réconciliation entre l’avant et l’aujourd’hui. Comme dans L’Effet Mère, le solo autobiographique de Carmel Loanga, cette pièce est aussi un hommage intime à ses filles métisses Kénia Marie et Cleo Llemi Sauvage.
Scénographie
La scénographie représente un intérieur de maison. En levant le voile on entre dans l’espace intime et domestique, chargé de mémoire. Des fenêtres de différentes tailles structurent le décor. Elles fonctionnent comme des cadres, comme les pages d’un album photo ouvert. Parmi ces tableaux, celui de la coiffure occupe une place centrale comme un rituel fondateur. La chevelure crépue est la couronne invisible signe de noblesse et de verticalité. Les interprètes incarnent une royauté organique, telles des princesses à l’image de Princess Diana.
Bounce & Groove
Le hip-hop porte en lui une pulsation singulière : le Bounce. C’est ce rebond intérieur, ce relâché du corps qui épouse le beat. Une identité. Une signature.
Le Bounce relie le·la danseur·euse à la musique, au sol, à l’énergie de la rue. Il est le souffle collectif, la vibration urbaine. De l’autre côté, dans les danses africaines, vit le Groove du bassin. Le bassin pulse, il devient cœur. Les sensations y naissent, les émotions y circulent, et les battements remontent jusqu’à la poitrine. C’est une danse à la fois virile et féminine, un langage charnel, un jeu de séduction, une mémoire du corps. Là où le Bounce incarne l’identité du hip-hop, le Groove du bassin incarne l’héritage, la vie, la sensualité des traditions. Deux énergies différentes, mais un même souffle : celui qui fait vibrer le corps et relie les êtres.
Fondée en 2018, la Compagnie Carmel Loanga développe une danse engagée, à la croisée du hip-hop et des cultures africaines. Elle propose des créations chorégraphiques puissantes, sensibles et poétiques, pensées comme des espaces d’expression et de libération. La direction artistique met un point d’honneur à travailler avec l’émergence, en valorisant les jeunes talents et les femmes interprètes, avec une attention particulière à la singularité de chaque corps.
Danseuse, chorégraphe et pédagogue, Carmel Loanga a collaboré avec Marion Motin (In The Middle), Mathilde Monnier (Black Light) et Leïla Ka (Bouffées). Elle est artiste associée à l’Espace 1789 (Saint-Ouen) et à l’Auditorium de Seynod (Annecy), et bénéficie du soutien de La Villette depuis 2018 via le dispositif IADU.
La compagnie cherche à créer un pont entre l’Afrique et le hip-hop, à travers une danse à la fois brute et élégante, marquée par le groove et la profondeur des propos. Elle vise un public large et transgénérationnel, en plaçant le corps au centre de la narration. La compagnie développe des actions artistiques en milieu scolaire, hospitalier et social, afin de stimuler la créativité, créer du lien et démocratiser l’accès à la danse. Elle propose également un programme de formation (Character Performance Choreography) pour les futur·es interprètes et donne des cours réguliers au Laxstudio.
Sortie de résidence : jeudi 29 octobre 2026 à 19h30 au BLOCK · CCNR.
→ Gratuit sur réservation : adriana.falcone@ccnr.fr
+Carmel Loanga proposera un open-training guidé mercredi 28 octobre 2026 à 19h.
Direction artistique & chorégraphie : Carmel Loanga
Interprétation : Sophie Gerber, Margaux Pourpoint, Elise Richards
Musique : Adrien Kanter & Carmel Loanga
Dramaturgie : Sarah Cillaire & Carmel Loanga
Scénographie : Mathilde Kayadjanian & Carmel Loanga Lumières : Romane Lavigne & Carmel Loanga
Stylisme : Carmel Loanga & Julya Tembo
Production : Charlotte Corre
Diffusion : Compagnie Carmel Loanga
Coproduction : Espace 1789 – scène conventionnée d’intérêt national pour la danse à Saint-Ouen, Le BLOCK · Centre Chorégraphique National de Rillieux-la-Pape, Scène National de Beauvais – Théâtre du Beauvaisis…
Avec le soutien d’Initiatives d’Artistes en Danses Urbaines (Fondation de France – La Villette) et du CDA d’Engheins-les-Bains.
La Compagnie Carmel Loanga est soutenue par le département de Seine-Saint-Denis.
Premières : 13 mars 2026 à l’Espace 1789, Saint-Ouen
Durée : 20 min
Photo © Moovance
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